Modèle de dépôt-vente gratuit (Word)

Le dépôt-vente permet à un propriétaire de confier des biens à un revendeur qui les expose, les vend pour son compte et lui reverse le prix, déduction faite d’une commission. Il combine un contrat de dépôt et un mandat de vente : le déposant reste propriétaire jusqu’à la vente, et le dépositaire ne paie que ce qui est effectivement vendu.

Une PME qui fabrique des objets et veut les diffuser dans une boutique multimarque, un éditeur qui place ses ouvrages chez un libraire, un artisan qui expose ses créations dans un concept store : dans chacun de ces cas, le dépôt-vente épargne au revendeur l’achat ferme du stock et laisse au producteur la maîtrise de ses biens. Ce modèle est adapté aux PME et ETI françaises. Il est téléchargeable librement, sans inscription, et chacun de ses articles est expliqué ci-dessous.

Sommaire

  1. Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
  2. Ce que dit le droit français
  3. Ce que contient ce modèle, article par article
  4. Les pièges à éviter
  5. Comment adapter ce modèle à votre situation
  6. Ce que ce modèle ne remplace pas

Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas

Vous placez vos produits chez un revendeur sans lui vendre votre stock. Un fabricant qui souhaite être présent en boutique, mais refuse de transférer la propriété d’objets qui pourraient rester invendus, confie ses articles en dépôt-vente. Le revendeur les expose, encaisse pour le compte du déposant et ne reverse que le prix des biens vendus. Le producteur conserve la propriété de ce qui n’est pas parti et récupère ses invendus au terme convenu.

Vous êtes le revendeur et voulez élargir votre offre sans immobiliser de trésorerie. Une boutique, une galerie ou une librairie qui prend des articles en dépôt étoffe son assortiment sans acheter de stock ferme. Elle ne paie que ce qu’elle vend et renvoie le reste. Le contrat de dépôt-vente sécurise cette logique : il fixe la commission, le rythme de reversement et les conditions de reprise.

Vous exposez des biens de valeur dont la traçabilité compte. Mobilier, œuvres, matériel professionnel d’occasion, équipements techniques : le dépôt-vente convient quand chaque bien doit rester identifiable et récupérable. L’inventaire précis des articles déposés devient alors une pièce centrale, utile en cas de litige ou de défaillance du dépositaire.

Vous testez un point de vente ou un canal de distribution. Avant un référencement ferme, le dépôt-vente sert de période d’essai commerciale : le producteur mesure les ventes réelles chez le revendeur, sans engagement d’achat, et peut retirer ses biens s’ils ne trouvent pas leur marché.

Quand ce modèle ne convient pas. Si le revendeur achète le stock et en devient propriétaire dès la livraison, c’est une vente, éventuellement assortie d’une clause de réserve de propriété, et non un dépôt-vente. Si l’opération porte sur la mise à disposition gratuite d’un bien à charge de restitution en nature, sans mandat de vente, relève plutôt du contrat de prêt à usage (commodat). Enfin, le dépôt-vente entre un professionnel et des particuliers, comme le dépôt-vente de vêtements d’occasion au public, obéit à des règles de protection du consommateur que ce modèle, conçu pour une relation entre entreprises, ne couvre pas. [À VÉRIFIER JURISTE : régime applicable au dépôt-vente au consommateur, information précontractuelle et rétractation.]

Ce que dit le droit français

Le dépôt-vente n’est pas un contrat nommé : c’est une combinaison. Il superpose un contrat de dépôt et un mandat de vente. Le dépôt est régi par les articles 1915 et suivants du Code civil : l’article 1915 le définit comme l’acte par lequel une personne reçoit la chose d’autrui à charge de la garder et de la restituer. Le mandat de vente relève des articles 1984 et suivants : le dépositaire reçoit le pouvoir de vendre les biens pour le compte du déposant.

Le dépositaire doit conserver puis restituer les biens. L’article 1927 du Code civil lui impose d’apporter à la garde de la chose déposée les mêmes soins qu’à ses propres affaires, et l’article 1928 renforce cette exigence lorsque le dépositaire est rémunéré ou s’est offert pour recevoir le dépôt. L’article 1932 l’oblige à rendre la chose même qui lui a été confiée. Ces obligations pèsent sur le revendeur tant que les biens ne sont pas vendus.

Le déposant reste propriétaire jusqu’à la vente. C’est la caractéristique du dépôt-vente : la propriété ne passe pas au dépositaire, mais directement du déposant à l’acheteur final, au moment de la vente. Tant qu’un bien n’a pas trouvé preneur, il appartient au déposant. Si le dépositaire fait l’objet d’une procédure collective, le déposant peut en principe revendiquer ses biens, à condition qu’ils soient identifiables et distincts du stock propre du revendeur. [À VÉRIFIER JURISTE : conditions et délai de l’action en revendication du déposant en cas de procédure collective du dépositaire, articles L624-9 et suivants du Code de commerce.]

Le dépositaire agit comme mandataire, et doit rendre compte. Vendant pour le compte du déposant, il est tenu des obligations du mandataire : l’article 1993 du Code civil impose de rendre compte de sa gestion et de remettre au mandant ce qu’il a reçu. Concrètement, le revendeur doit reverser le produit des ventes et justifier des biens vendus comme de ceux restés en dépôt. Selon la rédaction, le dépositaire peut vendre au nom du déposant, ou agir en son propre nom pour le compte du déposant, ce qui rapproche l’opération du contrat de commission de l’article L132-1 du Code de commerce. Ce choix influe sur les rapports avec l’acheteur et sur le traitement de la facturation. [À VÉRIFIER JURISTE : conséquences fiscales et de TVA du dépôt-vente selon que le dépositaire agit au nom du déposant ou en son nom propre.]

La garantie envers l’acheteur dépend de la qualité de vendeur. Lorsque le dépositaire vend au nom du déposant, ce dernier est le vendeur et supporte, à ce titre, la garantie des vices cachés des articles 1641 et suivants du Code civil et l’obligation de conformité. Lorsque le dépositaire agit en son propre nom, il peut être tenu vis-à-vis de l’acheteur. Le contrat doit répartir clairement cette charge entre le déposant et le revendeur, sans pouvoir écarter les garanties d’ordre public dues à un acheteur consommateur. [À VÉRIFIER JURISTE : répartition de la garantie légale entre déposant et dépositaire selon le mode de vente et la qualité de l’acheteur.]

La rémunération se fait par commission. Le dépôt-vente est onéreux : le dépositaire perçoit une commission sur les ventes, souvent exprimée en pourcentage du prix. Cette rémunération distingue le dépôt-vente du dépôt gratuit et justifie le niveau de diligence attendu du revendeur dans la conservation comme dans la commercialisation des biens.

Ce que contient ce modèle, article par article

Article 1. Objet : dépôt et mandat de vente. L’article pose la double nature du contrat : le déposant confie des biens en dépôt, et donne au dépositaire mandat de les vendre pour son compte, moyennant commission. Il fixe le cadre dans lequel s’articulent conservation et commercialisation.

Article 2. Désignation et inventaire des biens déposés. Le modèle renvoie à une annexe listant chaque bien, sa référence, son état, sa valeur et le prix de vente convenu. Cet inventaire est la pièce qui permet d’identifier les biens, de suivre les ventes et de fonder une éventuelle revendication. Un dépôt-vente sans inventaire précis est un dépôt-vente exposé.

Article 3. Propriété des biens. L’article rappelle que le déposant reste propriétaire jusqu’à la vente et que la propriété est transférée directement à l’acheteur. Il s’appuie sur la logique de la clause de réserve de propriété pour sécuriser la position du déposant, notamment face aux créanciers du revendeur.

Article 4. Mission du dépositaire. Exposition des biens, conservation dans des conditions adaptées, application des prix convenus, encaissement pour le compte du déposant. L’article précise si le revendeur peut consentir des remises et dans quelles limites.

Article 5. Commission et reversement du prix. Taux de commission, périodicité de reversement, modalités de reddition de comptes. Le dépositaire doit justifier des ventes et remettre le produit dans le délai convenu. Un retard de reversement peut être assorti d’un mécanisme de pénalités. [À VÉRIFIER JURISTE : plafond légal des délais de reversement applicable au produit encaissé pour le compte du déposant.]

Article 6. Conservation, risques et assurance. L’article organise la répartition du risque de perte, de vol ou de détérioration pendant le dépôt, en cohérence avec la clause de transfert des risques, et impose au dépositaire une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant les biens confiés.

Article 7. Garantie envers les acheteurs. L’article répartit entre déposant et dépositaire la charge de la garantie des vices cachés et de la conformité, selon que la vente est conclue au nom du déposant ou en celui du revendeur, sans porter atteinte aux garanties dues à un acheteur.

Article 8. Exclusivité. Par défaut, le modèle retient une absence d’exclusivité : le déposant peut confier des biens à d’autres revendeurs, et le dépositaire peut vendre d’autres marques. Une exclusivité réciproque reste possible, mais doit être stipulée et bornée.

Article 9. Durée et reconduction. Prise d’effet et durée du contrat, avec, pour les dépôts récurrents, des conditions de reconduction. Toute tacite reconduction est encadrée par un préavis, faute de quoi le stock reste immobilisé chez le revendeur sans terme clair.

Article 10. Restitution des invendus. Au terme du contrat, le dépositaire restitue les biens non vendus dans l’état où ils se trouvent, après un préavis et un inventaire de sortie. L’article règle le sort des frais de retour et des biens détériorés pendant le dépôt.

Article 11. Résiliation. Résiliation pour faute après mise en demeure préalable restée sans effet, et résiliation pour convenance moyennant préavis. L’article organise une sortie ordonnée, avec restitution des biens et reddition des comptes.

Article 12. Clause pénale. Une clause pénale sanctionne l’inexécution grave, par exemple le défaut de restitution ou de reversement, dans les limites de l’article 1231-5 du Code civil, qui autorise le juge à réviser une pénalité manifestement excessive ou dérisoire.

Article 13. Droit applicable et litiges. Droit français et attribution de compétence, avec, le cas échéant, une étape de règlement amiable préalable.

Les pièges à éviter

Déposer sans inventaire précis. Un dépôt-vente qui ne décrit pas chaque bien, son état et sa valeur, rend impossible le suivi des ventes et fragilise toute revendication. Si le revendeur défaille, le déposant qui ne peut pas identifier ses biens dans le stock du dépositaire risque de les perdre. L’inventaire annexé n’est pas une formalité : c’est la preuve de propriété.

Confondre dépôt-vente et vente ferme. Croire que la livraison au revendeur emporte transfert de propriété est une erreur classique. Dans le dépôt-vente, le déposant reste propriétaire jusqu’à la vente au client final. Si l’intention réelle est de vendre le stock au revendeur, c’est un autre contrat qu’il faut signer, avec un régime de paiement et de garantie différent.

Laisser le risque et l’assurance dans le flou. Pendant le dépôt, les biens peuvent être volés, endommagés ou détruits. Sans clause claire sur qui supporte ce risque et qui assure le stock, le déposant peut se retrouver sans indemnisation pour des biens dont il est resté propriétaire. La conservation pèse sur le dépositaire au titre des articles 1927 et 1932 du Code civil, mais la couverture assurantielle doit être explicitement organisée.

Ne pas encadrer la commission et la reddition de comptes. Un taux de commission imprécis, une périodicité de reversement absente, une reddition de comptes non prévue : autant de sources de litige sur les sommes dues. Le mandataire doit rendre compte et remettre ce qu’il a encaissé, en application de l’article 1993 du Code civil ; encore faut-il que le contrat en fixe le rythme et la forme.

Oublier la durée et la restitution des invendus. Un dépôt-vente sans terme laisse le stock du déposant immobilisé indéfiniment chez le revendeur. Prévoyez une durée, un préavis de reprise et un inventaire de sortie, pour que la restitution des biens non vendus ne devienne pas elle-même une négociation.

Comment adapter ce modèle à votre situation

Quelques champs se renseignent systématiquement : l’identité des parties, la description des biens déposés, le prix de vente et la commission, la durée du dépôt. L’annexe d’inventaire doit être remplie avec soin, car c’est elle qui matérialise ce qui est confié.

Le choix du mode de vente mérite réflexion. Faire vendre le dépositaire au nom du déposant, ou en son propre nom pour le compte du déposant, ne produit pas les mêmes effets sur la facturation, sur la garantie due à l’acheteur et sur le traitement fiscal. Tranchez ce point dès la rédaction plutôt qu’au premier litige, et faites vérifier ses conséquences de TVA.

La question de l’exclusivité se règle selon la stratégie de distribution. Un producteur qui veut être présent chez plusieurs revendeurs conserve la non-exclusivité par défaut ; un revendeur qui investit dans la mise en avant d’une marque peut négocier une exclusivité territoriale, à condition qu’elle soit limitée dans le temps et dans l’espace.

Adaptez enfin les stipulations d’assurance et de risque à la valeur du stock. Un dépôt d’objets courants ne mobilise pas la même vigilance qu’un dépôt d’œuvres ou de matériel de valeur, pour lequel la couverture assurantielle et l’identification des biens deviennent déterminantes. Le dépôt-vente s’inscrit souvent dans une relation commerciale plus large : si le revendeur exploite un fonds, vous pouvez utilement rapprocher ce contrat de la logique d’une cession de fonds de commerce lorsque la question de la propriété des stocks se pose.

Ce que ce modèle ne remplace pas

Un modèle est un point de départ, pas un avis. Il ne connaît ni la valeur exacte des biens confiés, ni la solidité financière du revendeur, ni le rapport de force entre les parties. Trois situations appellent une relecture par un professionnel : un dépôt de biens de forte valeur, comme des œuvres ou du matériel spécialisé, où la traçabilité et l’assurance sont décisives ; une relation avec un revendeur dont la santé financière est incertaine, où la question de la revendication en cas de procédure collective devient centrale ; et un dépôt-vente ouvert à des acheteurs consommateurs, soumis à des règles de protection que ce modèle, pensé pour une relation entre entreprises, ne couvre pas.

C’est la raison pour laquelle ce modèle signale ses propres limites, plutôt que de se présenter comme suffisant en toute circonstance.

Les clauses essentielles de ce contrat

Chaque clause est détaillée sur sa propre page : rédaction commentée, ce que dit le droit, erreurs fréquentes.

Questions fréquentes

Dans un dépôt-vente, qui reste propriétaire des biens déposés ?

Le déposant. Le dépôt-vente combine un contrat de dépôt (articles 1915 et suivants du Code civil) et un mandat de vente. Le dépositaire garde les biens sans en devenir propriétaire : la propriété n'est transférée qu'à l'acheteur final, au moment de la vente. Tant qu'un bien n'est pas vendu, il appartient au déposant, qui peut le revendiquer, notamment si le dépositaire fait l'objet d'une procédure collective, à condition que le bien soit identifiable.

Qui supporte le risque de vol ou de perte des biens en dépôt ?

Le dépositaire répond de la conservation des biens confiés. L'article 1927 du Code civil lui impose d'y apporter les mêmes soins qu'à ses propres affaires, et l'article 1932 l'oblige à restituer la chose déposée. En pratique, le contrat doit préciser qui assure le stock et à quelle hauteur : sans stipulation claire, le déposant risque de supporter une perte qu'il croyait couverte. Une clause d'assurance dédiée lève ce flou.

Comment gérer la restitution des invendus dans un dépôt-vente ?

Le contrat fixe une durée de dépôt et les modalités de reprise. À son terme, l'article 1932 du Code civil impose au dépositaire de restituer les biens non vendus dans l'état où ils se trouvent. Prévoyez un préavis, un inventaire de sortie et le sort des frais de retour. Sans échéance ni procédure, le déposant reste exposé à une immobilisation durable de son stock chez un tiers.

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