Modèle de bail professionnel gratuit (Word)

Le bail professionnel encadre la location de locaux affectés à une activité professionnelle non commerciale, le plus souvent celle d’une profession libérale : cabinet médical, étude, cabinet d’avocats, d’experts-comptables ou d’architectes. Il s’utilise dès qu’un bailleur met des bureaux à disposition d’un professionnel qui n’exerce ni activité commerciale, ni activité artisanale, et qui n’a donc pas vocation au statut des baux commerciaux.

Ce modèle est adapté aux PME et ETI françaises, qu’elles soient bailleresses de leurs murs ou preneuses de locaux d’exercice. Il est téléchargeable librement, sans inscription, et chacun de ses articles est expliqué ci-dessous.

Sommaire

  1. Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
  2. Ce que dit le droit français
  3. Ce que contient ce modèle, article par article
  4. Les pièges à éviter
  5. Comment adapter ce modèle à votre situation
  6. Ce que ce modèle ne remplace pas

Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas

Vous louez des locaux à une profession libérale. Un médecin, un avocat, un expert-comptable ou un architecte qui installe son cabinet dans des bureaux conclut un bail professionnel. L’activité y est intellectuelle et réglementée, sans fonds de commerce ni clientèle commerciale : le régime applicable est celui de l’article 57 A de la loi du 23 décembre 1986, et non le statut des baux commerciaux.

Vous êtes propriétaire et vous mettez des bureaux en location. Une société civile immobilière ou une entreprise qui détient des murs et les loue à un professionnel libéral a intérêt à un contrat clair sur la durée, la révision du loyer, la répartition des charges et les conditions de sortie. Le bail professionnel laisse une large place à la liberté contractuelle, ce qui rend la rédaction d’autant plus déterminante.

Vous partagez des locaux entre plusieurs praticiens. Un cabinet pluridisciplinaire où plusieurs professionnels se répartissent des espaces peut reposer sur un bail professionnel principal, complété le cas échéant par des conventions d’occupation entre praticiens. La destination des lieux et les règles de jouissance commune doivent alors être précisées.

Quand ce modèle ne convient pas. Si l’activité exercée dans les lieux est commerciale ou artisanale, avec une clientèle attachée à un fonds de commerce, c’est le statut des baux commerciaux qui s’applique, avec sa durée de neuf ans et son droit au renouvellement. Si le local sert aussi d’habitation, un bail mixte obéit à des règles distinctes. Enfin, pour une simple mise à disposition d’un poste de travail en espace partagé, un contrat de coworking relève de la prestation de services et non du bail : il ne confère aucun droit locatif. Pour l’exploitation d’un fonds appartenant à autrui, orientez-vous vers un contrat de location-gérance.

Ce que dit le droit français

Le bail professionnel a son propre régime. Il est encadré par l’article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, qui impose un contrat écrit et fixe une durée minimale de six ans. Ce texte spécial se combine avec le droit commun du bail des articles 1713 et suivants du Code civil, qui gouverne les obligations de délivrance, de jouissance et d’entretien. [À VÉRIFIER JURISTE : périmètre exact des locaux et des activités entrant dans le champ de l’article 57 A, et articulation avec le bail mixte professionnel et d’habitation.]

La durée minimale est de six ans. À la différence du bail commercial, régi par les articles L. 145-1 et suivants du Code de commerce pour une durée de neuf ans, le bail professionnel dure au moins six ans. Cette durée protège la stabilité d’installation du professionnel, sans lui ouvrir le droit au renouvellement propre au statut des baux commerciaux. [À VÉRIFIER JURISTE : durée minimale applicable et régime exact de la poursuite du bail à son terme.]

Le congé du locataire est libre, celui du bailleur est contraint. L’article 57 A autorise le locataire à notifier son congé à tout moment, sans motif, moyennant un préavis de six mois, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte extrajudiciaire. Le bailleur, à l’inverse, ne peut donner congé qu’à l’expiration du bail. Ce déséquilibre est voulu par le législateur et s’impose aux parties : une clause qui restreindrait la faculté de résiliation du locataire serait inopposable.

À l’échéance, le bail peut se poursuivre par tacite reconduction. Faute de congé délivré dans les formes, le bail arrivé à terme se poursuit. Les parties ont intérêt à préciser au contrat le sort du bail à son expiration et les conditions de sa reconduction, afin d’éviter toute incertitude sur la relation qui se prolonge. [À VÉRIFIER JURISTE : régime exact de la reconduction et durée de la période reconduite pour le bail professionnel.]

Le bailleur doit la jouissance paisible. Les articles 1719 et 1720 du Code civil imposent au bailleur de délivrer un local en bon état, de l’entretenir en état de servir à l’usage prévu, et d’en garantir la jouissance paisible pendant toute la durée du bail. Cette garantie couvre notamment les troubles de droit émanant du bailleur et l’obligation de procéder aux grosses réparations. Le locataire, de son côté, répond des dégradations survenues pendant sa jouissance, aux termes de l’article 1732 du Code civil.

Le loyer et sa révision sont largement contractuels. Le bail professionnel échappe au plafonnement de révision propre aux baux commerciaux. Les parties fixent librement le loyer initial et son mécanisme d’évolution, généralement une indexation annuelle sur un indice publié tel que l’indice des loyers des activités tertiaires. La clause d’indexation doit désigner un indice licite et une périodicité claire pour produire ses effets. [À VÉRIFIER JURISTE : indice de référence admis et limites de la clause d’échelle mobile pour le bail professionnel.]

La répartition des charges relève de la liberté des parties. Contrairement au bail commercial, encadré depuis la loi Pinel sur l’inventaire des charges, le bail professionnel ne connaît pas de régime légal impératif de répartition. Le contrat doit donc lister précisément les charges, taxes et réparations mises à la charge de chacun, faute de quoi le partage suit le droit commun et devient source de litige.

Ce que contient ce modèle, article par article

Article 1. Désignation des locaux. L’article identifie précisément les lieux loués : adresse, superficie, description des pièces et des dépendances, éléments d’équipement inclus. Une désignation imprécise ouvre la porte aux contestations sur l’étendue de la location et sur l’état des lieux.

Article 2. Destination des lieux. Le modèle affecte les locaux à un usage exclusivement professionnel non commercial, en nommant l’activité libérale exercée. Cette mention conditionne le régime applicable : une activité commerciale exercée dans les lieux ferait basculer le contrat vers le statut des baux commerciaux.

Article 3. Durée et prise d’effet. L’article fixe une durée d’au moins six ans, conforme à l’article 57 A, et la date de prise d’effet. La durée du contrat est un point structurant du bail professionnel, car elle commande la stabilité de l’installation et le calendrier de sortie.

Article 4. Congé et résiliation. L’article rappelle la faculté du locataire de donner congé à tout moment avec un préavis de six mois, et l’impossibilité pour le bailleur de résilier avant le terme. Il précise les formes de la notification, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte extrajudiciaire.

Article 5. Loyer et révision. Montant du loyer, périodicité de paiement et mécanisme de révision de prix, le plus souvent une indexation annuelle sur un indice licite. Une clause d’indexation mal rédigée, désignant un indice inexistant ou une périodicité incertaine, peut être privée d’effet.

Article 6. Charges, taxes et réparations. L’article répartit les charges de fonctionnement, les taxes et les réparations entre bailleur et locataire. En l’absence de régime légal impératif, cette répartition doit être détaillée pour éviter que chaque poste ne devienne un sujet de contestation.

Article 7. Dépôt de garantie. Le modèle prévoit un dépôt de garantie destiné à couvrir les manquements du locataire, avec ses modalités de restitution en fin de bail. Le montant se fixe librement, aucun plafond légal ne s’imposant au bail professionnel.

Article 8. État des lieux. L’établissement d’un état des lieux d’entrée et de sortie, contradictoire, protège les deux parties. Il détermine les dégradations imputables au locataire au titre de l’article 1732 du Code civil et conditionne l’imputation sur le dépôt de garantie.

Article 9. Obligations du locataire. Usage paisible des lieux conforme à leur destination, entretien courant, souscription d’une assurance de responsabilité civile professionnelle et des risques locatifs. L’article traduit les obligations de l’article 1728 du Code civil au contexte d’un local d’exercice.

Article 10. Obligations du bailleur. Délivrance d’un local conforme, entretien et grosses réparations, et garantie de jouissance paisible tout au long du bail. L’article reprend les obligations des articles 1719 et 1720 du Code civil.

Article 11. Cession et sous-location. L’article encadre la faculté du locataire de céder son droit au bail ou de sous-louer, en la subordonnant le plus souvent à l’accord écrit du bailleur. La cession de contrat mérite d’être traitée expressément, car ses conditions ne sont pas régies par un statut protecteur comme en matière commerciale.

Article 12. Clause résolutoire. Une clause résolutoire permet la résiliation de plein droit du bail en cas de manquement grave, notamment le défaut de paiement du loyer, après commandement demeuré infructueux. Elle complète la résiliation pour faute de droit commun.

Article 13. Droit applicable et litiges. Droit français applicable, avec une attribution de compétence au tribunal du lieu de situation de l’immeuble, et une clause de divisibilité préservant la validité du contrat en cas d’annulation d’une stipulation.

Les pièges à éviter

Se tromper de régime entre bail professionnel et bail commercial. Un local occupé par une activité commerciale ne peut pas être placé sous le bail professionnel : le statut des baux commerciaux, d’ordre public sur bien des points, s’applique alors quelle que soit la qualification retenue par les parties. Vérifiez la nature réelle de l’activité avant de choisir le contrat, car une erreur expose à une requalification et à l’application d’un régime tout autre.

Restreindre la faculté de congé du locataire. L’article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 confère au locataire un droit de résiliation à tout moment, avec un préavis de six mois. Une clause qui prétendrait l’interdire, allonger le préavis ou l’assortir d’une pénalité serait inopposable au locataire. Inutile de tenter de verrouiller ce que la loi laisse ouvert.

Négliger la rédaction de la clause de charges. Le bail professionnel ne bénéficie pas du régime légal de répartition des charges applicable aux baux commerciaux. Ce qui n’est pas expressément mis à la charge du locataire reste, en pratique, à la charge du bailleur selon le droit commun. Un inventaire précis des charges, taxes et réparations évite les débats de fin d’année et les régularisations contestées.

Rédiger une clause d’indexation inapplicable. Une clause de révision qui vise un indice supprimé, un indice inexistant ou une périodicité ambiguë peut être réputée non écrite ou privée d’effet. Le loyer reste alors figé au montant initial, parfois pendant toute la durée du bail. Désignez un indice publié et licite, et une date de révision claire.

Oublier l’état des lieux et l’assurance. Sans état des lieux d’entrée, le local est présumé avoir été remis en bon état, ce qui fragilise le bailleur au moment de la sortie. Sans obligation d’assurance clairement stipulée, le bailleur s’expose en cas de sinistre imputable au locataire. Ces deux formalités, simples à prévoir, protègent efficacement les deux parties.

Comment adapter ce modèle à votre situation

Quelques champs se renseignent systématiquement : l’identité des parties, la désignation exacte des locaux, la destination professionnelle, le montant du loyer et sa révision, la durée et la date de prise d’effet. Le reste du texte convient à la plupart des locations libérales courantes.

La désignation des locaux et leur destination méritent le plus grand soin. Décrivez les pièces, les surfaces et les équipements loués, et nommez précisément l’activité autorisée. Une destination trop large peut ouvrir la porte à un usage non prévu ; une destination trop étroite peut gêner l’évolution normale de l’exercice professionnel.

La clause de loyer et sa révision s’ajustent selon la nature du bien et la durée envisagée. Pour un local dont le loyer doit suivre l’inflation, une indexation annuelle sur un indice tertiaire publié convient ; veillez à sa rédaction, car c’est la clause la plus souvent contestée. La répartition des charges, taxes et réparations doit être détaillée poste par poste, faute de régime légal supplétif protecteur.

Adaptez enfin les stipulations sur la cession, la sous-location et la sortie au projet réel des parties. Un professionnel qui anticipe la transmission de son cabinet a intérêt à des conditions de cession du bail claires ; un bailleur soucieux de maîtriser l’occupant subordonnera toute cession ou sous-location à son accord écrit. Prévoyez une tacite reconduction encadrée pour éviter que le bail ne se prolonge dans des conditions incertaines.

Ce que ce modèle ne remplace pas

Un modèle est un point de départ, pas un avis. Il ne connaît ni la nature exacte de l’activité exercée, ni la configuration du bien, ni le rapport de force entre bailleur et preneur. Trois situations appellent une relecture par un professionnel : un local à usage mixte, professionnel et d’habitation, dont le régime se dédouble ; une hésitation sérieuse entre bail professionnel et statut des baux commerciaux, aux conséquences durables ; et une opération patrimoniale d’ampleur, où le bail s’inscrit dans une cession de murs ou une restructuration immobilière.

C’est la raison pour laquelle ce modèle signale ses propres limites, plutôt que de se présenter comme suffisant en toute circonstance.

Les clauses essentielles de ce contrat

Chaque clause est détaillée sur sa propre page : rédaction commentée, ce que dit le droit, erreurs fréquentes.

Questions fréquentes

Quelle est la durée minimale d'un bail professionnel ?

La durée minimale est de six ans, fixée par l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Le contrat doit être établi par écrit. Le locataire peut notifier son congé à tout moment, moyennant un préavis de six mois, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d'huissier. Le bailleur, lui, ne peut donner congé qu'à l'expiration du bail.

Bail professionnel ou bail commercial : lequel choisir ?

Le bail professionnel de l'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 vise les locaux à usage exclusivement professionnel non commercial, typiquement les professions libérales. Le bail commercial relève du statut des articles L. 145-1 et suivants du Code de commerce : durée de neuf ans et droit au renouvellement. Une profession libérale peut toutefois convenir volontairement de se soumettre au statut des baux commerciaux, plus protecteur pour le locataire.

Le locataire peut-il résilier un bail professionnel avant son terme ?

Oui. L'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 autorise le locataire à donner congé à tout moment, sans avoir à motiver sa décision, sous réserve d'un préavis de six mois. Le congé se notifie par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte extrajudiciaire. Cette faculté est d'ordre public : une clause qui l'interdirait ou l'encadrerait plus strictement serait inopposable au locataire.

Dans la même famille

Gérer mes cookies