Sommaire
- Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
- Ce que dit le droit français
- Ce que contient ce modèle, article par article
- Les pièges à éviter
- Comment adapter ce modèle à votre situation
- Ce que ce modèle ne remplace pas
Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
Vous voulez verrouiller un recrutement avant la date d’embauche. Un candidat retenu doit souvent démissionner de son poste actuel et respecter un préavis. Il n’acceptera de se découvrir qu’en échange d’un écrit ferme. La promesse d’embauche donne cette sécurité, en fixant le poste, la rémunération et la date d’entrée en fonction sur lesquels chacun s’engage.
Vous recrutez à distance ou en plusieurs étapes. Lorsque le contrat définitif ne peut être signé immédiatement, mutation géographique, recrutement d’un profil étranger, délai administratif, la promesse matérialise l’accord des parties dans l’intervalle. Elle décrit précisément le contrat futur, dont il ne manquera plus que la signature.
Vous préparez une embauche en CDI ou en CDD. Le modèle sert pour l’un comme pour l’autre, à condition d’indiquer clairement le type de contrat. Pour un contrat à durée déterminée, la promesse doit reprendre le motif de recours et la durée, car ces éléments conditionnent la validité du CDD lui-même.
Vous devez départager offre et engagement. Certaines entreprises veulent se réserver une marge de retrait tant que le candidat n’a pas répondu, d’autres veulent au contraire s’engager fermement pour rassurer un profil convoité. Le modèle permet les deux, en qualifiant expressément le document soit d’offre de contrat de travail, soit de promesse unilatérale.
Quand ce modèle ne convient pas. Si le contrat de travail peut être signé sans délai, mieux vaut aller directement au contrat définitif plutôt que d’ajouter une étape. Pour un stage, le cadre relève du Code de l’éducation (articles L124-1 et suivants) et non du droit du travail : une convention de stage s’impose, non une promesse d’embauche. De même, l’apprentissage et la professionnalisation obéissent à des formulaires et à des enregistrements spécifiques que ce modèle ne remplace pas.
Ce que dit le droit français
La promesse d’embauche se rattache au droit commun des contrats. Le Code du travail ne la définit pas en tant que telle. Ce sont les règles du Code civil sur la formation du contrat qui s’appliquent, telles que la Cour de cassation les a transposées à l’embauche dans deux arrêts du 21 septembre 2017 (Cass. soc., n° 16-20.103 et n° 16-20.104). Ces décisions ont mis fin à l’ancienne assimilation automatique de toute promesse à un contrat de travail.
L’offre de contrat de travail peut être retirée avant acceptation. L’offre est l’acte par lequel l’employeur propose un engagement précisant l’emploi, la rémunération et la date d’entrée en fonction, adressé à un candidat déterminé, et exprimant la volonté d’être lié en cas d’acceptation. Selon l’article 1116 du Code civil, elle ne peut être rétractée avant l’expiration du délai fixé ou, à défaut, d’un délai raisonnable ; une rétractation prématurée n’oblige pas à conclure le contrat mais engage la responsabilité de son auteur. La définition de l’offre figure à l’article 1114 du Code civil.
La promesse unilatérale forme le contrat malgré une rétractation. L’article 1124 du Code civil définit la promesse unilatérale comme le contrat par lequel une partie accorde à l’autre le droit d’opter pour la conclusion d’un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés. Transposée à l’embauche, la promesse unilatérale de contrat de travail est celle où ne manque plus que le consentement du bénéficiaire. La Cour de cassation en tire une conséquence forte : la révocation de la promesse pendant le temps laissé au bénéficiaire pour opter n’empêche pas la formation du contrat de travail promis.
Trois éléments sont constitutifs. Que le document soit une offre ou une promesse, il doit préciser l’emploi, la rémunération et la date d’entrée en fonction. Sans ces mentions, l’engagement reste incertain et peut n’être qu’une négociation en cours, sans portée. Ce socle est le fil conducteur du modèle.
La rupture d’une promesse acceptée s’analyse en licenciement. Lorsque la promesse a fait naître le contrat et que l’employeur refuse ensuite l’embauche, la rupture produit les effets d’un licenciement, en principe sans cause réelle et sérieuse, avec les indemnités correspondantes. [À VÉRIFIER JURISTE : qualification et régime indemnitaire exacts selon que l’entrée en fonction avait ou non débuté.] La négociation puis la rédaction doivent donc être conduites de bonne foi, conformément à l’article 1104 du Code civil.
Le type de contrat promis obéit à ses propres règles. Si la promesse porte sur un CDI, celui-ci reste le principe et n’ouvre droit ni à un terme ni à une indemnité de précarité. Si elle porte sur un CDD, le contrat définitif devra respecter les motifs limitatifs de recours (articles L1242-1 et L1242-2 du Code du travail) et l’écrit comportant les mentions obligatoires (article L1242-12 du Code du travail). La durée du contrat promis doit donc être annoncée dès la promesse.
La période d’essai doit être prévue si elle est voulue. Une période d’essai ne se présume pas : elle doit figurer dans la promesse ou le contrat pour être opposable. Ses durées maximales relèvent des articles L1221-19 à L1221-26 du Code du travail (en principe deux mois pour un ouvrier ou un employé, trois mois pour un agent de maîtrise, quatre mois pour un cadre, renouvellement encadré). [À VÉRIFIER JURISTE : durées applicables et faculté de renouvellement au regard de la convention collective, qui peut y déroger.]
Ce que contient ce modèle, article par article
Article 1. Identité des parties. Employeur, avec sa forme sociale et son représentant, et candidat destinataire de la proposition, désigné nommément. La promesse s’adresse à une personne déterminée, ce qui traduit son caractère intuitu personae.
Article 2. Nature de l’engagement. Le modèle qualifie expressément le document, offre de contrat de travail ou promesse unilatérale de contrat de travail. Cette qualification écrite commande le régime applicable en cas de retrait : simple responsabilité pour l’offre retirée à temps, formation du contrat pour la promesse révoquée pendant le délai d’option.
Article 3. Emploi proposé. Intitulé du poste, classification, rattachement hiérarchique et description des principales fonctions. C’est l’un des trois éléments constitutifs : un poste flou fragilise l’engagement et nourrit les malentendus sur le contenu réel du travail.
Article 4. Rémunération. Salaire de base, périodicité, et le cas échéant part variable, primes et avantages. Deuxième élément constitutif, la rémunération doit être chiffrée, non renvoyée à une discussion ultérieure.
Article 5. Date d’entrée en fonction. Date à laquelle le contrat prendra effet. Troisième élément constitutif, elle ancre l’engagement dans le temps et sert de repère pour apprécier une éventuelle rupture.
Article 6. Type et durée du contrat. CDI ou CDD ; pour un CDD, motif de recours, terme ou durée minimale, et renouvellement envisagé. Le modèle renvoie au contrat définitif qui reprendra ces éléments dans les formes légales.
Article 7. Lieu et durée du travail. Lieu d’exécution, temps plein ou temps partiel, horaire de référence. Pour un temps partiel, la durée et la répartition du travail devront figurer dans le contrat écrit (article L3123-6 du Code du travail) ; la promesse les annonce.
Article 8. Période d’essai. Existence, durée et conditions de renouvellement de la période d’essai voulue. Le modèle rappelle qu’à défaut de mention, aucune période d’essai ne pourra être imposée dans le contrat définitif.
Article 9. Conditions particulières. Le cas échéant, annonce d’une clause de non-concurrence, d’une obligation de confidentialité ou d’une clause de mobilité qui figureront au contrat. Le modèle signale que la clause de non-concurrence n’est valable qu’assortie d’une contrepartie financière, exigence posée par la jurisprudence à peine de nullité.
Article 10. Délai d’acceptation. Date ou durée avant laquelle le candidat doit se prononcer, et modalités de sa réponse. Cet article fixe le délai en deçà duquel une offre ne peut être retirée, et pendant lequel une promesse unilatérale ne peut être révoquée sans former le contrat.
Article 11. Formation du contrat définitif. Rappel que l’acceptation vaudra accord sur les éléments essentiels et que les parties signeront ensuite le contrat de travail reprenant l’ensemble des stipulations.
Article 12. Bonne foi et divisibilité. Engagement de négocier et d’exécuter de bonne foi, et clause de divisibilité préservant la validité de l’ensemble si une stipulation venait à être écartée.
Les pièges à éviter
Confondre offre et promesse sans le savoir. Un document rédigé au conditionnel, sans qualification claire, laisse le juge décider s’il s’agit d’une offre révocable ou d’une promesse qui vaut engagement. Depuis 2017, cette frontière est décisive : nommer expressément la nature du document évite de découvrir sa portée réelle au moment d’un litige.
Omettre l’un des trois éléments essentiels. Une proposition qui tait la rémunération, reste vague sur le poste ou ne fixe pas de date d’entrée n’a pas la portée d’une promesse. Elle risque d’être requalifiée en simple pourparler, sans force obligatoire, ou au contraire de faire naître un engagement mal maîtrisé. Les trois mentions se renseignent systématiquement.
Sous-estimer les conséquences d’un retrait. Retirer une promesse unilatérale après l’avoir émise ne détruit pas le contrat : le candidat peut se prévaloir de son droit d’option, et la rupture qui suit s’analyse en licenciement. Avant d’émettre une promesse ferme, mieux vaut être certain de vouloir recruter ; en cas de doute, une offre assortie d’un délai raisonnable laisse davantage de marge.
Négliger la période d’essai. Beaucoup d’employeurs pensent pouvoir imposer une période d’essai au moment de la signature. Si la promesse acceptée n’en prévoit pas, le contrat définitif ne peut plus l’ajouter unilatéralement. La période d’essai voulue doit figurer dès la promesse, dans les limites des articles L1221-19 à L1221-26 du Code du travail.
Insérer une clause attributive de compétence. Les litiges du contrat de travail relèvent du conseil de prud’hommes, dont la compétence ne se contourne pas par une clause. Reproduire une clause de compétence issue d’un contrat commercial serait sans effet et trahirait un modèle mal adapté au droit social.
Comment adapter ce modèle à votre situation
Quelques champs se renseignent toujours : l’identité des parties, la nature de l’engagement, le poste, la rémunération, la date d’entrée en fonction et le délai de réponse. Le reste du texte convient à la plupart des recrutements courants.
Le choix entre offre et promesse mérite une décision consciente. Pour rassurer un candidat qui doit démissionner, une promesse unilatérale ferme est plus convaincante ; pour garder une marge de retrait tant que le candidat n’a pas tranché, une offre assortie d’un délai clair est préférable. Le modèle bascule d’un régime à l’autre par la seule qualification de l’article 2.
La rubrique sur le type de contrat s’ajuste selon que le poste est en CDI ou en CDD. Pour un CDI, la promesse reste sobre sur la durée, le principe étant l’engagement sans terme. Pour un CDD, reprenez le motif de recours et la durée, car le contrat définitif devra les mentionner à peine d’irrégularité ; pour un accord de confidentialité anticipé, un modèle dédié au salarié peut compléter la promesse.
Adaptez enfin les conditions particulières au poste réel. Un cadre exposé à une clause de non-concurrence ou dépositaire d’informations sensibles justifie une annonce dès la promesse ; un poste d’exécution sans accès stratégique n’en a pas besoin. Vérifiez systématiquement la convention collective applicable, qui peut imposer des mentions supplémentaires ou déroger aux durées d’essai.
Ce que ce modèle ne remplace pas
Un modèle est un point de départ, pas un avis. Il ne connaît ni votre convention collective, ni le rapport de force avec le candidat, ni les contraintes propres à certains statuts. Trois situations appellent une relecture par un professionnel : un recrutement de cadre dirigeant ou de profil clé, où l’engagement financier et la clause de non-concurrence pèsent lourd ; une embauche de salarié étranger, où s’ajoutent des formalités d’autorisation de travail ; et une promesse que l’employeur envisage de retirer, où la qualification exacte du document décide de son exposition.
C’est la raison pour laquelle ce modèle signale ses propres limites et invite à vérifier la convention collective, plutôt que de se présenter comme suffisant en toute circonstance.
Les clauses essentielles de ce contrat
Chaque clause est détaillée sur sa propre page : rédaction commentée, ce que dit le droit, erreurs fréquentes.
- Clause de durée du contrat : définition et rédaction
- Clause de non-concurrence du salarié : conditions
- Clause de confidentialité : définition et rédaction
- Clause de bonne foi : définition et rédaction
- Clause de notification : définition et rédaction
- Clause de nullité partielle (divisibilité) : rédaction
- Clause de droit applicable : définition et rédaction
- Clause de survie des obligations : définition
Questions fréquentes
Une promesse d'embauche engage-t-elle vraiment l'employeur ?
Cela dépend de sa nature. Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 21 septembre 2017 (Cass. soc., n° 16-20.103 et 16-20.104), une promesse unilatérale de contrat de travail vaut engagement : même révoquée avant l'acceptation, elle forme le contrat promis. Une simple offre de contrat de travail, elle, peut être rétractée tant que le candidat ne l'a pas acceptée et que le délai qu'elle fixe n'est pas expiré. Le document précise donc de quel engagement il s'agit.
Quelle différence entre une offre et une promesse unilatérale de contrat de travail ?
L'offre de contrat de travail est une proposition adressée à un candidat déterminé : l'employeur reste libre de la retirer avant acceptation, sous réserve de respecter le délai annoncé (article 1116 du Code civil). La promesse unilatérale, elle, accorde au bénéficiaire un droit d'option sur un contrat déjà défini (article 1124 du Code civil) ; sa rétractation pendant le délai d'option n'empêche pas la formation du contrat. La rédaction, et non l'intitulé, détermine le régime.
Que doit contenir une promesse d'embauche pour être valable ?
Trois éléments sont essentiels : l'emploi proposé, la rémunération et la date d'entrée en fonction. La jurisprudence de 2017 les érige en socle de la promesse unilatérale comme de l'offre. Le document ajoute utilement le type de contrat (CDI ou CDD), le lieu de travail, la durée du travail, l'éventuelle période d'essai et le délai laissé au candidat pour répondre. La convention collective applicable peut imposer d'autres mentions. [À VÉRIFIER JURISTE : convention collective de branche.]