Modèle de CGV e-commerce gratuit (Word) à télécharger

Les conditions générales de vente e-commerce fixent les règles qui gouvernent chaque commande passée sur votre boutique en ligne par un client professionnel : prix, livraison, transfert des risques, paiement, garanties et litiges. Elles s’affichent et s’acceptent avant la validation du panier, pour servir de socle à la vente plutôt que de sujet de discussion une fois la commande partie.

Ce modèle est adapté aux PME et ETI françaises qui vendent en ligne des produits ou des prestations à d’autres entreprises : grossiste ouvrant un portail de commande, éditeur proposant des licences à l’achat, fabricant qui distribue son catalogue à des revendeurs professionnels. Il est téléchargeable librement, sans inscription, et chacune de ses clauses est expliquée ci-dessous.

Sommaire

  1. Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
  2. Ce que dit le droit français
  3. Ce que contient ce modèle, article par article
  4. Les pièges à éviter
  5. Comment adapter ce modèle à votre situation
  6. Ce que ce modèle ne remplace pas

Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas

Vous vendez des produits en ligne à des clients professionnels. Un grossiste, un fabricant, un distributeur qui ouvre un portail de commande à ses revendeurs a besoin d’un texte unique que chaque acheteur accepte au moment de valider son panier. Les CGV posent une fois le cadre commun de la vente, que chaque commande vient simplement remplir.

Vous voulez sécuriser vos paiements et votre créance sur la marchandise. En vente de produits, deux protections comptent avant tout : le délai de paiement assorti de pénalités, et la clause de réserve de propriété qui vous permet de rester propriétaire des biens livrés jusqu’à leur règlement intégral. Ces deux leviers ne jouent que s’ils figurent dans des conditions acceptées avant la livraison.

Vous devez organiser la livraison et le transfert des risques. Dès qu’un bien physique circule, la question de savoir qui supporte la perte ou l’avarie pendant le transport se pose. Une clause de modalités de livraison et une clause de transfert des risques désignent le moment exact où la responsabilité bascule du vendeur vers l’acheteur, ce qui évite bien des litiges sur les colis endommagés.

Vous vendez en ligne des prestations ou des licences standardisées. Un catalogue de forfaits, de licences logicielles à l’achat ou de services packagés se vend comme un produit : le client choisit, paie, reçoit. Le mécanisme d’adhésion des CGV convient parfaitement, à condition d’adapter les articles sur la livraison et les garanties à la nature immatérielle de l’objet vendu.

Quand ce modèle ne convient pas. Ces CGV visent une vente entre professionnels. Si des consommateurs peuvent commander sur votre site, le droit de la consommation impose d’autres obligations : information précontractuelle renforcée, droit de rétractation de quatorze jours, garanties légales d’ordre public. Un jeu de conditions B2C distinct s’impose alors. De même, si vous exploitez une place de marché mettant en relation des vendeurs tiers et des acheteurs, votre statut d’opérateur de plateforme appelle des mentions spécifiques : orientez-vous vers un modèle de CGV de marketplace. Un éditeur qui facture un abonnement récurrent en mode SaaS relève plutôt des CGV d’éditeur SaaS, centrées sur la disponibilité du service et la reconduction.

Ce que dit le droit français

Les CGV sont le socle de la négociation commerciale. L’article L. 441-1 du Code de commerce fait des conditions générales de vente le socle unique de la négociation commerciale entre professionnels et impose au vendeur de les communiquer à tout acheteur professionnel qui en fait la demande. Ce même article commande d’y faire figurer les conditions de vente, le barème des prix unitaires, les réductions de prix éventuelles et les conditions de règlement. En vente en ligne, ces mentions se doublent des informations précontractuelles générales du commerce électronique.

L’opposabilité dépend d’une acceptation avant la commande. Des CGV ne s’imposent au client que s’il en a eu connaissance et les a acceptées avant ou lors de la commande. Pour une vente sur internet, l’article 1127-2 du Code civil organise le mécanisme dit du double clic : l’acheteur doit pouvoir vérifier le détail de sa commande et son prix total, corriger d’éventuelles erreurs, puis confirmer pour exprimer son acceptation. Une case à cocher non pré-cochée renvoyant aux CGV, franchie avant la validation du panier, matérialise cet accord. La preuve horodatée de cette acceptation, et de la version en vigueur ce jour-là, conditionne l’opposabilité de vos conditions.

La hiérarchie entre les documents doit être fixée. En pratique se superposent les CGV affichées sur le site, d’éventuelles conditions particulières négociées avec un client grand compte et le bon de commande. Le modèle prévoit une hiérarchie explicite pour éviter que des stipulations contradictoires ne se neutralisent. À défaut d’accord, l’article 1119 du Code civil règle le conflit entre conditions contradictoires en privant d’effet les clauses incompatibles.

Les délais de paiement sont encadrés. L’article L. 441-10 du Code de commerce fixe le délai supplétif au trentième jour suivant la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir d’un délai plus long, dans la limite de soixante jours à compter de la date d’émission de la facture, ou de quarante-cinq jours fin de mois si cette modalité est expressément stipulée. [À VÉRIFIER JURISTE : l’articulation exacte entre le plafond de soixante jours date d’émission et l’option des quarante-cinq jours fin de mois pour votre secteur.]

Le retard de paiement déclenche des pénalités et une indemnité. Les pénalités de retard sont exigibles sans qu’un rappel soit nécessaire. À défaut de taux conventionnel, s’applique le taux de refinancement le plus récent de la Banque centrale européenne majoré de dix points. Les parties peuvent prévoir un taux différent, qui ne peut être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal, selon l’article L. 441-10, II du Code de commerce. S’y ajoute l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à quarante euros par l’article D. 441-5. [À VÉRIFIER JURISTE : le montant en vigueur de l’indemnité forfaitaire et le taux plancher des pénalités à la date de publication.]

La réserve de propriété protège le vendeur impayé. Les articles 2367 et suivants du Code civil autorisent le vendeur à conserver la propriété d’un bien livré jusqu’au paiement intégral du prix, à condition que cette réserve ait été convenue par écrit au plus tard au moment de la livraison. Insérée dans des CGV acceptées avant la commande, elle permet de revendiquer la marchandise entre les mains de l’acheteur défaillant, y compris en cas de procédure collective, tant qu’elle demeure identifiable.

Les garanties de conformité et des vices cachés peuvent être aménagées entre professionnels. La vente entre professionnels reste soumise à la garantie des vices cachés des articles 1641 et suivants du Code civil. Entre commerçants, les clauses qui limitent ou excluent cette garantie sont en principe valables entre professionnels de la même spécialité, sauf mauvaise foi du vendeur ; en revanche, lorsque l’acheteur est un professionnel d’une spécialité différente, il est assimilé à un profane et la clause d’exclusion ou de limitation lui est inopposable. Cet aménagement conventionnel, impossible face à un consommateur, constitue l’un des intérêts majeurs de CGV rédigées pour le B2B.

Le déséquilibre significatif reste prohibé. L’article L. 442-1 du Code de commerce sanctionne le fait de soumettre un partenaire commercial à des obligations créant un déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties. Des CGV trop favorables au vendeur, imposées sans possibilité réelle de négociation, s’exposent à cette qualification. L’équilibre général du contrat mérite donc autant d’attention que chaque clause prise isolément.

L’articulation avec le droit de la consommation reste à surveiller. Si un consommateur peut commander, l’information précontractuelle de l’article L. 111-1 du Code de la consommation et le droit de rétractation de quatorze jours de l’article L. 221-18 s’imposent, et les garanties légales deviennent d’ordre public. [À VÉRIFIER JURISTE : les mentions sectorielles propres à votre activité et l’éventuelle qualification d’opérateur de plateforme au sens de l’article L. 111-7 du Code de la consommation.]

Ce que contient ce modèle, article par article

Article 1. Objet et champ d’application. Il précise que les CGV régissent toute vente conclue via la boutique en ligne du vendeur, qu’elles s’adressent à des acheteurs professionnels et qu’elles prévalent sur les conditions d’achat du client sauf accord contraire écrit. C’est la clause qui pose le périmètre B2B.

Article 2. Commande et formation du contrat. Sélection au catalogue, récapitulatif du panier, double clic de confirmation au sens de l’article 1127-2 du Code civil. Le modèle fait naître le contrat à la confirmation de la commande par l’acheteur et rattache chaque commande aux présentes CGV.

Article 3. Prix. Prix indiqués hors taxes, conditions d’éventuelles réductions, frais de livraison distingués du prix des produits. Le modèle rappelle que les prix affichés au catalogue peuvent évoluer, la commande étant conclue au prix en vigueur à sa validation.

Article 4. Modalités de paiement. Moyens de paiement acceptés, délai de règlement dans les limites légales, exigibilité. Le modèle laisse renseigner le délai retenu sans jamais dépasser les plafonds de l’article L. 441-10 du Code de commerce.

Article 5. Retard de paiement. Pénalités exigibles de plein droit, indemnité forfaitaire de recouvrement de quarante euros, suspension des commandes en cours. Cette clause reprend les mentions obligatoires et donne au vendeur un levier immédiat.

Article 6. Réserve de propriété. Le vendeur conserve la propriété des biens livrés jusqu’au paiement intégral, conformément aux articles 2367 et suivants du Code civil. La clause précise le sort des biens en cas de revente ou de transformation par l’acheteur avant paiement.

Article 7. Livraison et transfert des risques. Modalités et délais de livraison, désignation du point de transfert des risques du vendeur vers l’acheteur, gestion des retards et des colis endommagés. La clause de transfert des risques fixe le moment exact où la charge du transport bascule.

Article 8. Garanties. Garantie de conformité contractuelle, aménagement de la garantie des vices cachés entre professionnels, modalités de réclamation et de retour. La clause distingue clairement le régime B2B, aménageable, du régime consommateur, d’ordre public.

Article 9. Limitation de responsabilité. Plafond de réparation fixé par référence au montant de la commande concernée, exclusion des dommages indirects, réserve expresse de la faute lourde et du dommage corporel. Le plafond reste proportionné pour survivre à l’article 1170 du Code civil.

Article 10. Données personnelles. Traitement des données de commande et de compte client dans le respect du règlement général sur la protection des données, information de la personne concernée et durée de conservation. La clause RGPD renvoie à la politique de confidentialité du site.

Article 11. Force majeure. Suspension des obligations en cas d’événement échappant au contrôle des parties, au sens de l’article 1218 du Code civil, avec résiliation possible si l’empêchement se prolonge.

Article 12. Droit applicable et litiges. Droit français, tentative de médiation préalable, puis attribution de compétence à une juridiction déterminée.

Les pièges à éviter

Afficher les CGV sans faire la preuve de leur acceptation. Publier ses conditions dans un pied de page ne suffit pas. En vente en ligne, l’opposabilité repose sur le double clic de l’article 1127-2 du Code civil et sur une case à cocher non pré-remplie franchie avant le paiement. Sans cette trace horodatée, un client contestera avoir accepté vos conditions, et vous perdrez le bénéfice de vos protections.

Oublier d’écrire la réserve de propriété au plus tard à la livraison. La clause ne joue que si elle a été convenue par écrit au moment de la livraison au plus tard. Une réserve de propriété inscrite seulement au dos d’une facture émise après l’expédition arrive trop tard et devient inopposable. Elle doit figurer dans les CGV acceptées lors de la commande.

Négliger le transfert des risques pendant le transport. Sans clause dédiée, un litige sur un colis perdu ou endommagé se règle par le droit commun, souvent au détriment du vendeur. Précisez le point exact où les risques passent à l’acheteur, et articulez cette clause avec l’incoterm ou le mode d’expédition retenu.

Confondre acheteurs professionnels et consommateurs. Dès qu’un consommateur peut commander, le droit de la consommation s’impose : rétractation de quatorze jours, garanties d’ordre public, information précontractuelle renforcée. Des CGV strictement B2B deviennent alors insuffisantes et vos aménagements de garantie tombent. Vérifiez la qualité professionnelle de l’acheteur à l’inscription, ou prévoyez un jeu de conditions distinct pour les consommateurs.

Dépasser les plafonds légaux de délai de paiement. Un acheteur puissant tente parfois d’imposer un délai supérieur à soixante jours. L’accepter vous expose, en tant que vendeur, à une amende administrative sur le fondement de l’article L. 441-16 du Code de commerce, alors même que le délai vous est imposé. Le plafond n’est pas négociable, quel que soit le rapport de force.

Comment adapter ce modèle à votre situation

Quatre champs se renseignent systématiquement : l’identité et les coordonnées du vendeur, la description type des produits ou prestations vendus, le délai de paiement retenu et le montant du plafond de responsabilité. Le reste du texte tient dans la plupart des ventes en ligne entre professionnels.

Le délai de paiement se choisit au sein des limites légales, jamais au-delà. Si vous n’inscrivez rien, le délai supplétif de trente jours après réception s’applique, ce qui est souvent le plus favorable au vendeur. N’allongez ce délai que si votre position commerciale l’exige, et restez dans le plafond de soixante jours date d’émission ou de quarante-cinq jours fin de mois.

Les articles sur la livraison et le transfert des risques se calibrent sur la nature de ce que vous vendez. Pour un bien physique, précisez le transporteur, le délai indicatif et le moment du transfert des risques. Pour une licence ou une prestation immatérielle, remplacez la livraison par la mise à disposition et adaptez la garantie de conformité à l’objet vendu.

Vérifiez enfin la cohérence entre vos CGV, votre catalogue en ligne et votre tunnel de commande. Un prix affiché toutes taxes comprises sur une page destinée aux professionnels, un bouton de validation qui ne renvoie pas aux conditions, une case pré-cochée : autant de contradictions qu’un client exploitera. Le parcours d’achat et le texte des CGV doivent parler d’une seule voix.

Ce que ce modèle ne remplace pas

Un modèle est un point de départ, pas un avis. Il ne connaît ni votre secteur, ni la nature exacte de vos produits, ni le profil réel de vos acheteurs. Trois situations appellent une relecture par un professionnel : une boutique ouverte aussi aux consommateurs, qui suppose un régime distinct et des garanties d’ordre public ; une activité de place de marché mettant en relation des vendeurs tiers, qui relève du statut d’opérateur de plateforme ; et une vente de produits réglementés dont les obligations propres débordent le cadre des CGV.

C’est la raison pour laquelle ce modèle indique ses propres limites plutôt que de se présenter comme suffisant en toute circonstance.

Les clauses essentielles de ce contrat

Chaque clause est détaillée sur sa propre page : rédaction commentée, ce que dit le droit, erreurs fréquentes.

Questions fréquentes

Des CGV e-commerce sont-elles obligatoires pour vendre en ligne à des professionnels ?

Aucun texte n'impose de rédiger des CGV, mais l'article L. 441-1 du Code de commerce fait des conditions générales de vente le socle unique de la négociation commerciale entre professionnels et oblige le vendeur à les communiquer à tout acheteur professionnel qui en fait la demande. En vente en ligne, elles servent aussi de contrat d'adhésion accepté d'un clic, ce qui rend leur affichage avant la commande indispensable à leur opposabilité.

Comment prouver l'acceptation des CGV sur une boutique en ligne ?

L'article 1127-2 du Code civil pose le mécanisme du double clic : l'acheteur doit pouvoir vérifier le détail de sa commande et son prix, puis la confirmer. Une case à cocher non pré-remplie renvoyant aux CGV, franchie avant la validation du panier, matérialise l'acceptation. Conservez la trace horodatée de cette acceptation et de la version des CGV en vigueur ce jour-là, car c'est cette preuve qui rend vos conditions opposables en cas de litige.

Peut-on aménager la garantie des vices cachés dans des CGV e-commerce B2B ?

Entre professionnels, les clauses limitant ou excluant la garantie des vices cachés des articles 1641 et suivants du Code civil sont en principe valables, à condition que le vendeur ne soit pas de mauvaise foi et que l'acheteur ne soit pas un professionnel d'une spécialité différente. Cette liberté n'existe pas face à un consommateur, pour qui la garantie légale de conformité et celle des vices cachés sont d'ordre public.

Que se passe-t-il si un consommateur achète sur une boutique pensée pour le B2B ?

Dès qu'un consommateur ou un non-professionnel commande, le droit de la consommation s'applique : information précontractuelle de l'article L. 111-1 du Code de la consommation, droit de rétractation de quatorze jours de l'article L. 221-18, garanties légales d'ordre public. Des CGV strictement B2B deviennent insuffisantes. Mieux vaut réserver l'accès aux professionnels par une vérification à l'inscription, ou prévoir un jeu de conditions distinct pour les consommateurs.

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