Sommaire
- Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
- Ce que dit le droit français
- Ce que contient ce modèle, article par article
- Les pièges à éviter
- Comment adapter ce modèle à votre situation
- Ce que ce modèle ne remplace pas
Quand utiliser ce contrat, et quand il ne convient pas
Vous embauchez durablement pour un poste non-cadre. Le CDI est la forme normale de la relation de travail. Dès que le besoin est pérenne et que le poste relève d’une classification ouvrier, employé, technicien ou agent de maîtrise dans votre convention collective, ce contrat est le bon support. Il fixe le poste, la classification, la rémunération, la durée du travail et la période d’essai.
Vous recrutez à temps plein. Ce modèle vise l’emploi à 35 heures hebdomadaires ou à la durée conventionnelle applicable. Pour une embauche à temps réduit, un cadre spécifique s’impose : voir le modèle de contrat de travail à temps partiel, dont l’écrit et les mentions sont obligatoires.
Vous distinguez clairement le statut non-cadre du statut cadre. La frontière entre cadre et non-cadre résulte de la classification conventionnelle et du rattachement aux régimes de retraite complémentaire. Un salarié dont le poste, l’autonomie et la responsabilité relèvent du statut cadre doit être embauché avec le modèle de CDI cadre, qui prévoit notamment le forfait jours lorsqu’il est applicable.
Quand ce modèle ne convient pas. Si le besoin est temporaire et justifié par un motif précis, c’est un CDD qu’il faut conclure, en respectant les motifs limitatifs de l’article L1242-2 du Code du travail : voir le CDD pour accroissement d’activité ou le CDD de remplacement. Pour une alternance, le contrat d’apprentissage ou le contrat de professionnalisation obéissent à leurs propres règles. Enfin, une convention de stage n’est pas un contrat de travail : elle relève du Code de l’éducation.
Ce que dit le droit français
Le CDI est le contrat de principe. L’article L1221-2 du Code du travail énonce que le contrat à durée indéterminée est la forme normale et générale de la relation de travail. Il n’ouvre droit ni à un terme fixé d’avance, ni à une indemnité de fin de contrat comme le CDD. Sa rupture obéit à des règles précises : licenciement, démission ou rupture conventionnelle.
L’écrit n’est pas légalement obligatoire, mais s’impose en pratique. Aucun texte n’exige un écrit pour un CDI à temps plein, à la différence du CDD (article L1242-12) ou du temps partiel (article L3123-6). Toutefois, la convention collective l’impose le plus souvent, et l’employeur doit remettre au salarié un document écrit reprenant les informations essentielles de la relation de travail. Un contrat verbal est présumé conclu à temps plein et à durée indéterminée. [À VÉRIFIER JURISTE : contenu et délai des obligations d’information écrite issues de la transposition de la directive 2019/1152 relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles.]
La période d’essai est plafonnée. L’article L1221-19 du Code du travail fixe la durée maximale de la période d’essai à deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens, quatre mois pour les cadres. Le renouvellement n’est possible que si un accord de branche étendu le prévoit et si le contrat le stipule (article L1221-21). La convention collective peut retenir des durées plus courtes, qui l’emportent alors. [À VÉRIFIER JURISTE : durée d’essai et faculté de renouvellement dans la convention collective applicable.]
La rémunération respecte des planchers. Le salaire ne peut être inférieur au SMIC, dont le principe figure à l’article L3231-2 du Code du travail, ni aux minima conventionnels fixés par la branche. La durée légale du travail est de trente-cinq heures hebdomadaires (article L3121-27) ; au-delà, les heures supplémentaires ouvrent droit à majoration.
La convention collective structure le contrat. Classification, coefficient, minimum salarial, durée d’essai, préavis, primes : la convention collective de branche complète et parfois écarte les règles supplétives du Code du travail. Elle doit être identifiée dès la rédaction, car elle conditionne la validité de plusieurs clauses. C’est le point sur lequel la vérification par un professionnel est la plus utile.
La clause de non-concurrence exige une contrepartie financière. La Cour de cassation subordonne la validité d’une clause de non-concurrence du salarié au versement d’une contrepartie financière, à peine de nullité. Cette exigence n’est pas inscrite dans un article du Code du travail : elle est d’origine jurisprudentielle, et doit être présentée comme telle. La clause doit en outre protéger un intérêt légitime de l’entreprise, être limitée dans le temps et l’espace, et tenir compte des spécificités de l’emploi.
La rupture du CDI est encadrée. Le licenciement suppose une cause réelle et sérieuse (article L1232-1 pour le motif personnel), le respect d’une procédure et d’un préavis dont la durée est fixée par la loi ou la convention collective (article L1234-1). La démission suppose une volonté claire et un préavis conventionnel. La rupture conventionnelle individuelle (articles L1237-11 et suivants) ouvre un délai de rétractation de quinze jours calendaires et une homologation par la DREETS, avec une indemnité au moins égale à l’indemnité légale de licenciement.
Ce que contient ce modèle, article par article
Article 1. Engagement et statut. L’article identifie les parties, énonce l’embauche en CDI, précise le statut non-cadre et renvoie à la convention collective applicable. C’est cet ancrage conventionnel qui commande la classification et plusieurs durées légales.
Article 2. Fonctions et classification. Intitulé du poste, description des missions, coefficient et niveau de classification. Une définition trop étroite fige les fonctions ; une définition raisonnablement large préserve la faculté d’évolution, sous réserve de ne pas modifier unilatéralement un élément essentiel du contrat.
Article 3. Prise d’effet et période d’essai. Date d’entrée, durée de la période d’essai conforme au plafond légal et conventionnel, et, le cas échéant, faculté de renouvellement expressément prévue. Une période d’essai non stipulée par écrit n’existe pas.
Article 4. Lieu de travail. Lieu d’exécution habituel. Le modèle distingue la simple mention informative d’une véritable clause de mobilité, qui doit définir précisément sa zone géographique pour être opposable au salarié.
Article 5. Durée du travail et rémunération. Durée hebdomadaire, horaires ou modalités de décompte, salaire de base et éléments accessoires. Le montant respecte le SMIC et les minima conventionnels. Le traitement des heures supplémentaires est précisé.
Article 6. Congés et absences. Renvoi aux droits légaux et conventionnels en matière de congés payés, et rappel des obligations d’information en cas d’absence.
Article 7. Préavis. Le modèle renvoie à la durée de préavis fixée par la loi et la convention collective, distincte selon qu’il s’agit d’un licenciement ou d’une démission. Une durée contractuelle ne peut être moins favorable au salarié que la durée conventionnelle.
Article 8. Confidentialité. Le salarié s’engage à protéger les informations sensibles de l’entreprise. Cette obligation de confidentialité se distingue de l’obligation de loyauté, qui existe de plein droit, et peut survivre à la rupture du contrat.
Article 9. Non-concurrence et non-sollicitation. Lorsqu’elle est justifiée, la clause de non-concurrence prévoit une contrepartie financière, sans laquelle elle est nulle. Une clause de non-sollicitation du personnel peut compléter le dispositif pour les postes exposés.
Article 10. Propriété intellectuelle. Pour un poste créatif ou technique, l’article organise le sort des créations du salarié. La cession des droits d’auteur obéit à des règles strictes ; pour les développements réalisés dans le cadre de la mission, une clause de propriété intellectuelle développée clarifie la titularité.
Article 11. Données personnelles et outils numériques. Rappel du traitement des données du salarié dans le respect du RGPD, et, pour les postes concernés, cadrage de l’usage de l’intelligence artificielle au moyen des outils de l’entreprise.
Article 12. Rupture et droit applicable. Rappel des modes de rupture du CDI et du droit applicable. Le modèle ne comporte pas de clause attribuant compétence à un tribunal : le contentieux du contrat de travail relève du conseil de prud’hommes, et une telle clause serait sans effet.
Les pièges à éviter
Oublier d’identifier la convention collective. Sans elle, la classification, la période d’essai, le préavis et les minima salariaux restent indéterminés. C’est la première vérification à faire, avant même de renseigner le poste et le salaire.
Négliger l’écrit de la période d’essai. Une période d’essai qui n’est pas stipulée par écrit dans le contrat, ou dont la durée dépasse le plafond légal ou conventionnel, ne produit aucun effet. L’employeur se prive alors de la souplesse qu’elle offre.
Insérer une clause de non-concurrence sans contrepartie. Une clause de non-concurrence dépourvue de contrepartie financière est nulle et ne lie pas le salarié. Une contrepartie dérisoire est assimilée à une absence de contrepartie. La clause doit rester proportionnée à l’intérêt qu’elle protège.
Confondre CDI et CDD. Recourir au CDI pour un besoin manifestement temporaire n’est pas fautif ; l’inverse l’est. Un CDD conclu hors des motifs de l’article L1242-2 du Code du travail encourt la requalification en CDI, avec les conséquences financières associées. En cas de doute sur la pérennité du besoin, le CDI reste le choix sûr.
Modifier unilatéralement un élément essentiel. Rémunération, qualification, durée du travail, lieu en l’absence de clause de mobilité valable : ces éléments ne peuvent être modifiés sans l’accord du salarié. Le modèle d’avenant au contrat de travail est l’outil approprié pour formaliser un changement accepté.
Comment adapter ce modèle à votre situation
Quelques champs se renseignent systématiquement : l’identité des parties, la convention collective, l’intitulé du poste et sa classification, la date d’embauche, la durée du travail, la rémunération et la période d’essai. Ces éléments constituent le socle du contrat.
La rédaction du poste mérite une attention particulière. Une description équilibrée protège l’employeur d’un figement des fonctions tout en informant loyalement le salarié. Précisez le lieu de travail et, si la mobilité est nécessaire, rédigez une clause dédiée en délimitant sa zone géographique, faute de quoi elle sera inopposable.
Les clauses de non-concurrence, de confidentialité et de propriété intellectuelle s’ajustent au poste. Un opérateur de production n’appelle pas les mêmes stipulations qu’un commercial en contact avec la clientèle ou qu’un salarié créant des contenus. N’insérez une clause de non-concurrence que si un intérêt légitime le justifie, et prévoyez alors sa contrepartie financière. Si le poste implique le télétravail, complétez le dispositif par un avenant de télétravail ou renvoyez à la charte de télétravail de l’entreprise.
Enfin, si l’embauche a été précédée d’un engagement, veillez à la cohérence entre la promesse d’embauche et le contrat signé : depuis la jurisprudence de 2017, l’offre de contrat de travail, révocable avant acceptation, se distingue de la promesse unilatérale, qui vaut engagement dès l’accord du salarié.
Ce que ce modèle ne remplace pas
Un modèle est un point de départ, pas un avis. Il ne connaît ni votre convention collective, ni les usages de votre branche, ni les spécificités du poste. Trois situations appellent une relecture par un professionnel : une convention collective qui déroge aux règles supplétives sur la période d’essai, le préavis ou la classification ; une clause de non-concurrence dont la contrepartie et le périmètre conditionnent la validité ; et un poste sensible impliquant des créations, des données stratégiques ou une mobilité étendue.
C’est la raison pour laquelle ce modèle signale ses propres limites et renvoie, sur les durées, les seuils et la convention collective applicable, à une vérification par un juriste, plutôt que de se présenter comme suffisant en toute circonstance.
Les clauses essentielles de ce contrat
Chaque clause est détaillée sur sa propre page : rédaction commentée, ce que dit le droit, erreurs fréquentes.
- Clause de préavis : définition, rédaction et exemple
- Clause de non-concurrence du salarié : conditions
- Clause de confidentialité : définition et rédaction
- Clause de non-sollicitation du personnel : rédaction
- Clause de cession de droits d'auteur : rédaction
- Clause de propriété intellectuelle développée : rédaction
- Clause RGPD de protection des données : guide et modèle
- Clause d'usage de l'intelligence artificielle : rédaction
- Clause de droit applicable : définition et rédaction
Questions fréquentes
Un CDI non-cadre doit-il obligatoirement être écrit ?
La loi n'impose pas d'écrit pour un CDI à temps plein, à la différence du CDD ou du temps partiel. En pratique, l'écrit reste indispensable : la plupart des conventions collectives l'exigent, et l'employeur doit de toute façon remettre au salarié un document écrit reprenant les informations essentielles de la relation de travail. Un CDI verbal est présumé à temps plein et expose l'employeur en cas de litige. [À VÉRIFIER JURISTE : obligations d'information écrite issues de la transposition de la directive 2019/1152.]
Quelle durée de période d'essai pour un salarié non-cadre ?
L'article L1221-19 du Code du travail fixe la durée maximale à deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et techniciens. Le renouvellement n'est possible que si un accord de branche étendu le prévoit et si le contrat le mentionne (article L1221-21). La convention collective peut prévoir des durées plus courtes, qui priment alors. [À VÉRIFIER JURISTE : durée applicable dans votre convention collective.]
La clause de non-concurrence d'un CDI non-cadre est-elle valable sans contrepartie ?
Non. La jurisprudence de la Cour de cassation impose, à peine de nullité, une contrepartie financière versée au salarié. Cette exigence n'est pas inscrite dans un article du Code du travail : elle est d'origine jurisprudentielle. La clause doit aussi être limitée dans le temps et l'espace, et protéger un intérêt légitime de l'entreprise. Une clause sans contrepartie est nulle et ne lie pas le salarié.